Hébé Saison 2 – Prêt-es au décollage?

Le printemps est là et il tarde à Hébé de reprendre le chemin des marchés et les livraisons de paniers qui, je l’espère, raviront vos papilles! Cela devrait arriver dès les semaines 18 ou 19 de notre calendrier 2019!

Vous serez tous et toutes tenu-es au courant dès que les festivités reprennent pour de bon! Mais en attendant j’en profite pour vous donner des nouvelles détaillées de Hébé!

Cette deuxième saison voit le développement de la ferme avec le doublement de la surface de production (environ 1,6 hectares exploités), la mise en place d’un rucher de 25 essaims, et la future construction d’un bâtiment de stockage. L’objectif est toujours le même : Vous proposez des produits variés de qualité et, si possible, toute l’année!

En effet, après une première saison de mise route sur une surface limitée et avec des infrastructures de stockage inexistantes, qui ne permettait pas de produire et de stocker des quantités suffisantes de légumes pour « tenir l’hiver », la seconde saison devra cette fois permettre de ne pas vous lâcher entre décembre et mai et de vous proposer des légumes toute l’année!

Et même si les chamboulements au sein de l’équipe Hébé durant l’hiver ont été une épreuve difficile, les objectifs du projet restent inchangés! La solidarité qui s’est exprimée autour du financement du projet de rucher HébZz et les nombreux coups de main ont permis de passer cette période délicate. J’en profite pour remercier toutes celles et ceux qui ont mis la main à la patte cet hiver sur la ferme, et celles et ceux qui continuent! Ils/elles se reconnaîtront! Mais rien n’est encore joué! L’équilibre économique de ce projet naissant reste encore fragile et il faudra une bonne dose d’huile de coude et de réussite pour assurer la pérennité du projet. Pour le moment, l’équation est simple : Comment assurer « seul » la viabilité économique d’un projet dimensionné pour trois? Certaines charges fixes demeurent identiques (prêt bancaire, assurances, …) et il faut les assurer sur un chiffre d’affaire en gros divisé par 3, puisqu’il y a trois fois moins de bras… Par exemple : à 3 associés, 15 000 € de charges sur un chiffre d’affaire de 90 000 € laissent 75 000 euros  pour assurer les salaires, soit 25 000 euros chacun. Seul, même avec des charges réduites à 10 000 euros et un chiffre d’affaire seulement divisé par 3, donc de 30 000 euros, le reste pour salaire est seulement de 20 000 €. Pas besoin d’être prix Nobel pour comprendre que économiquement c’est plus difficile, sans compter les subventions non attribuées du fait de ces changements dans l’entreprise et l’épuisement physique et psychologique supplémentaire du fait d’être seul…

Bref, le contexte est délicat mais face à cela, deux stratégies : on réduit la voilure, on ralentit et on avance lentement… trop lentement pour en faire une activité pérenne et rémunératrice? Ou bien on met les bouchés doubles pour compenser, on lance toutes ses forces dans la bataille et on investit le p’tit reste de ses économies dans un projet auquel on croit dur comme fer! Je vous laisse deviner ce que j’ai choisi de faire… On verra si c’était la bonne solution!

Mais pour de jeunes néo-paysans autodidactes, il est parfois difficile de concilier les impératifs d’une production maraîchère dans le contexte technique, administratif et économique, bref politique, qui est le nôtre et les convictions qui nous animent. Mais l’assurance de mettre de l’énergie au service d’une juste cause permet de surpasser les difficultés, de tenir bon, et de s’adapter à un monde agricole aussi surprenant qu’inquiétant. De l’extérieur je n’avais pas la vision du monde agricole que j’ai aujourd’hui et l’état des lieux n’est pas reluisant… On en reparlera. Espérons que les agriculteurs et les porteurs de projet se réclamant d’un nouveau système de production des denrées alimentaires soient pleinement conscient des modèles qu’ils combattent et de ceux qu’ils mettent en place réellement. Il n’est pas si évident de s’extraire d’un système verrouillé d’en haut et les maraîchers ou autres producteurs Bio, s’ils veulent réellement peser sur les politiques agricoles, doivent faire attention de ne pas tomber dans les travers de leurs aînés : S’isoler, s’individualiser, se vendre, se faire récupérer, se comparer, et ne voir et s’engager dans la société que par le prisme de leur « métier ». Le « manger et produire mieux » est une condition nécessaire mais absolument non suffisante pour un changement radical nécessaire de nos sociétés et la somme des initiatives personnelles ne pourra pas faire une organisation collective. L’agro-écologie, l’autonomie alimentaire, les circuits courts et locaux ne sont que des moyens vers une reprise en main totale de nos vies.

Pour Hébé les péripéties entre associés de la fin d’année démontrent aussi la difficulté de se mettre en commun, de communiquer et décider collectivement, de prendre des responsabilités individuelles dans un cadre collectif, et de s’autogérer, quand nous sommes habitué-es à déléguer, se faire représenter et obéir. Mais l’aventure continue et Hébé a pour vocation d’intégrer de nouvelles personnes ayant comme objectif de faire pousser des légumes, des fruits et… le projet! Mais aussi de donner des idées aux autres, se rencontrer, échanger, et participer à ce qu’il faut appeler par son nom : Une lutte contre un système et son monde.

A très vite sur les marchés, à la ferme, dans les bars ou dans la rue.

Que ce printemps voit fleurir vos combats.

Jean-Séb

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