Maintenant

En ce dimanche 10 mai 2020, veille du « déconfinement », il est vraisemblablement nécessaire de réfléchir au monde de demain. Ce monde qui devrait être différent mais qui, si nous le laissons entre les mains de l’oligarchie, changera seulement pour le pire. Toujours au bénéfice d’une petite partie et sur le dos de la plupart d’entre nous.

Après les réformes du code du travail, après le saccage des hôpitaux et du service public en général, après le mouvement des gilets jaunes, après les grèves contre la réforme des retraites, après l’inaction manifeste des dirigeants pour protéger notre biotope, et à l’heure où on veut nous imposer une société de surveillance généralisée, il est encore et toujours nécessaire d’éveiller les consciences et de nous organiser pour lutter.

Déjà, en temps normal, nous devrions nous révolter contre les inégalités, contre la hiérarchie stupide et inefficace dans les entreprises, contre tous ces métiers « de merde » inutiles, contre les soi-disant premiers de cordées qui regardent avec condescendance les premiers de corvées, … et que nous propose-t-on aujourd’hui? De poursuivre dans la même voie mais en pire, avec un code du travail encore amputé, avec des conditions sanitaires potentiellement dangereuses, avec un chômage qui explose, mais toujours avec une production environnementalement, voire intellectuellement, idiote, et toujours avec des fruits et légumes venus de milliers de kilomètres, des produits de premières nécessités sur lesquels nous n’avons plus le contrôle, car nous n’en assurons plus la production, avec des produits jetables à n’en plus finir, avec des emballages en tout sens, bref il n’est pas prévu que ça change. Alors Hébé veut continuer de porter son message environnemental et social fort et il est nécessaire que chacun s’y mette, s’engage pour lutter collectivement, et dépasse son entre-soi, sa vision nombriliste, sa peur, car sans réaction populaire immédiate nous courons vers le pire.

Vous connaissez sans doute le roman d’anticipation « 1984 ». Dystopie de Georges Orwell, publiée en 1949 et encore pleine d’enseignements sur la façon de surveiller, de contrôler, de réprimer, d’exercer la « double pensée » du en « même temps », de ridiculiser les discours de l’opposition, de manipuler l’information, de réinventer l’histoire et de l’utiliser, et de ravager une société au profit d’un groupe toujours plus petit et toujours plus riche et puissant. Et quand nos sociétés seront totalement muselées, comment irons-nous défendre nos intérêts quand des lois allongeront encore le temps de travail, supprimerons une partie des congés, baisserons les impôts des plus riches pour augmenter ceux des plus pauvres, réduirons les droits d’aller et venir, briserons la sécurité sociale, la santé, la retraite, … ? Et pourquoi pas le retour du travail des enfants? ça existe dans d’autres pays et les entreprises capitalistes occidentales ne crachent pas sur cette main d’oeuvre à bas coût, puisque il n’y a que ça qui compte…  Comme pour le dérèglement climatique, il faut agir avant la catastrophe car après il sera trop tard… mais la catastrophe n’est-elle pas déjà là?

On vous laisse avec un vrai auteur et restons à votre écoute pour aider et soutenir des projets et initiatives nécessaires au changement… A très vite dans la lutte.

« En réalité, on savait peu de chose des prolétaires. Il n’était pas nécessaire d’en savoir beaucoup. Aussi longtemps qu’ils continueraient à travailler et à engendrer, leurs autres activités seraient sans importance. laissés à eux-mêmes, comme le bétail lâché dans les plaines de l’Argentine, ils étaient revenus à un style de vie qui leur paraissait naturel, selon une sorte de canon ancestral. Ils naissaient, ils poussaient dans la rue, ils allaient au travail à partir de douze ans. Ils traversaient une brève période de beauté florissante et de désir, ils se mariaient à vingt ans, étaient en pleine maturité à trente et mouraient, pour la plupart, à soixante. Le travail physique épuisant, les soucis de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile. Quelques agents de la Police de la pensée circulaient constamment parmi eux, répandaient de fausses rumeurs, notaient et éliminaient les quelques individus qui étaient susceptibles de devenir dangereux. 

On n’essayait pourtant pas de les endoctriner avec l’idéologie du Parti. Il n’était pas désirable que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu’on leur demandait, c’était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu’il était nécessaire de leur faire accepter plus d’heures de travail ou des rations réduites. Ainsi, même quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance. Les maux plus grands échappaient invariablement à leur attention. »

C’est Maintenant!

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